Le Top’Image #2 par Yoan Raoul
Début septembre, les migrateurs regagnent leurs sites d’hivernage, la route est longue et épuisante. Les oiseaux font de nombreuses escales pour s’alimenter et entretenir leur plumage. C’est la bonne période pour photographier les limicoles…
4h30, il est l’heure de se lever, mon ami Florian Roquinarc’h ne va pas tarder à venir me chercher pour aller affuter les Huitrier-pies. Il fait encore nuit mais il faut arriver sur place avant le lever du soleil afin d’installer nos affuts sans dérangement. 6h, nous y sommes, nous jetons un coup d’œil aux jumelles pour repérer les oiseaux, c’est le calme plat. Florian me parle alors de sa séance photo de la veille au soir avec des amis de notre association, après un petit moment de réflexion nous abandonnons l’idée de photographier les Huitriers puis nous reprenons la voiture, nous quittons ainsi la baie de Saint Brieuc direction le Cap Fréhel…
A cette période de l’année, le Cap Fréhel commence à perdre ses couleurs roses d’été et ses nombreux touristes. La végétation devient moins épaisse laissant apparaître le grès rose spécifique du cap. Les habituels Cormorans huppés et Goélands argentés sont toujours présents bien que beaucoup moins actifs qu’au printemps. Ce matin les conditions météorologiques sont idéales : léger vent, peu de nuages, le soleil commence tout juste à faire apparaître ses premiers rayons. Il ne nous reste plus qu’à trouver le sujet. Après 5 petites minutes nous le repérons, il est là juste devant nous, chassant à l’affût les petits insectes présents dans la bruyère. Le jeu peut commencer ! Ce jeune Pluvier guignard n’a pas besoin de filets de camouflage pour se cacher, son plumage se confond parfaitement avec la végétation il est donc très facile de passer à coté de lui sans le voir.
Nous avançons tranquillement vers l’oiseau, il ne bouge pas d’une plume, la proximité est impressionnante. Je décide alors de m’allonger sur le ventre afin de me mettre au même niveau que lui, celui-ci ne paraissant pas dérangé continu sa petite partie de chasse sans se soucier de notre présence. C’est le bon moment pour déclencher, la lumière douce et rasante permet de faire ressortir les teintes de la bruyère et de la pierre. J’essaie d’être le plus bas possible pour obtenir un avant-plan des plus colorés… Plus le temps passe et plus l’oiseau est proche, il est maintenant à la limite de la mise au point minimale de mon objectif, ni une ni deux je détache mon œil du boitier pour admirer le spectacle. Nous sommes ébahis, le limicole slalome entre les plantes puis passe à moins de 20 centimètres de Florian avant de s’endormir, sensations garanties !
Après 2 heures de séance photo, les prises de vues sont très variées, la lumière devient plus intense et la température augmente légèrement. Après un dernier ébouriffement, le Pluvier guignard s’envole et prend rapidement de l’altitude, c’est l’heure du départ, la route vers l’Afrique du nord continue. Reviens nous rendre visite quand tu le veux, à l’année prochaine j’espère !
Yoan RAOUL – yoanraoul.weebly.com
L’avis de la Rédac :
Ce qui nous a frappé en premier lieu dans cette image ce sont ses couleurs et en particulier ce rose pastel si photogénique. En se positionnant ainsi, de manière à interposer cette bruyère entre son objectif et son sujet, Yoan savait exactement ce qu’il allait obtenir. Ajouté à cela un cadrage sans faille, une mise au point parfaite et le petit plus avec la goutte d’eau sous le bec du Pluvier.
Retrouvez cette image, commentée, directement sur la galerie et participez à vous aussi en ouvrant un compte gratuit ou premium !






Commentaires