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 Olivier SIMON
Derrière son appareil, Olivier nous fait découvrir l'étonnante biodiversité présente en France. Habitant au bord de la Loire, Olivier connait la faune locale et précise que la photographie nature est un excellent moyen de sensibilisation aux fléaux que subit l'environnement. Entretien avec un amoureux de la Nature et un artiste de l'image.
Publié le 31/05/2007 par Sébastien Beghelli




Naturapics : Pourrais-tu te présenter en quelques phrases, en nous expliquant entre autres tes liens avec la photographie nature ?

Olivier : Bonjour, Je suis né en Touraine, j’ai 35 ans et je pratique la photographie en amateur depuis bientôt 10 ans. Ayant passé mon enfance à vadrouiller dans les champs et sur les bords de Loire, mon amour de la nature s’est développé très tôt. Le désir de fixer les instants magiques que j’avais la chance de vivre m’a poussé vers la photographie. J’ai débuté avec l’appareil de mon père puis je me suis payé mon premier reflex. Essentiellement pratiquée pendant mes vacances à mes débuts, la photo est devenue une passion et j’y consacre à présent beaucoup de mon temps libre.

Naturapics : Sur ton site web, on trouve notamment une galerie très fournie sur les oiseaux d'eau. C'est un sujet que tu affectionnes particulièrement ? Quelles sont les conditions techniques qui entourent ce type de photographie ?

Olivier : Les oiseaux migrateurs qui reviennent chaque printemps nicher sur la Loire sont mes sujets favoris, en particulier les sternes. Mais tout au long de l’année, tant que le niveau et le débit de l’eau me le permettent, je pratique l’affût flottant sur le fleuve. Pour être à hauteur des oiseaux, l’affût flottant est la meilleure solution. Une planche de bois munie de flotteurs et recouverte d’un tissu de camouflage supporte mon matériel photo, je la dirige en marchant sur le fond ou en nageant parfois. « Naviguer » sur la Loire à l’aide d’un affût flottant n’est pas toujours sans risques et l’expérience engrangée au fil des années m’aide à éviter les pièges.

Naturapics : Tu vis au bord de la Loire, j'imagine que c'est un facteur très important dans l'amour que tu as pour la Nature, et dans l'intention que tu portes à la capturer avec ton appareil photo ?

Olivier : Bien sûr, j’ai toujours habité dans une commune riveraine du fleuve. Un des mes terrains de jeux favoris enfant était la vallée de la Choisille, un petit affluent de la Loire. Ce lieu si tranquille mêlant forêts et prairies inondables est en train d’être sacrifié au profit d’une rocade à 4 voies malgré les efforts des associations de protection locales. Bientôt, il ne restera plus que mes souvenirs et mes diapositives pour me rappeler ce qui a été perdu. Cet exemple symbolise bien le plus grand fléau dont souffrent les animaux actuellement : la destruction de leur milieu. En sensibilisant les gens à la beauté et la richesse du monde qui les entoure, les photographes peuvent agir en faveur de l’environnement.

Naturapics : On le sait, la Nature est en danger. Toi qui t'attaches à nommer des associations telles que la LPO, la WWF ou encore FERUS, quel message aimerais-tu apporter à ceux qui regardent tes photos, témoignage d'une biodiversité exceptionnelle ?

Olivier : Soutenir ces associations dans leur combat était évident pour moi. J’espère à mon niveau faire découvrir aux gens la beauté des animaux ou des paysages de leur région. Le discours de responsabilisation de chacun pour la protection de l’environnement passe beaucoup mieux quand on voit pourquoi il faut se battre. Nous appartenons tous à la même planète, en la protégeant... nous nous protégeons.

Naturapics : As tu un rêve "photographique", une espèce ou un lieu que tu aimerais immortaliser en image ?

Olivier : L’albatros à sourcils noirs, planant au ras des déferlantes est un rêve qui le restera sûrement longtemps pour moi.

Naturapics : Pourrais-tu nous "raconter" un de tes clichés ?

Olivier : Lors d'un séjour en Ecosse, je me promenais avec ma compagne dans une forêt située près du Loch Garten. C'était au mois de juin en fin de soirée et le soleil allait se coucher , la forêt commençait à s'assombrir. Nous rencontrions quelques écureuils roux très actifs à cette heure mais mon matériel était rangé dans son sac. Sans mon trépied resté dans la voiture, le 500mm était inutilisable à main levée avec une luminosité aussi faible. Mais la chance m'a sourit !

ecureuil
Un écureuil qui venait de ramasser quelque nourriture au sol grimpa le long d'un tronc tout près de nous. Il vint se poster sur une branche morte d'un conifère pour manger. Et comme par miracle, un rayon de soleil transperçant le couvert végétal éclairait exactement cet endroit. Je sortis rapidement mon matériel et calait mon objectif contre un tronc pour assurer ma stabilité, tout en retenant mon souffle pour que l'animal me laisse le temps de cadrer. Il continua à manger pendant que je déclenchais à ma grande joie. Au visionnage de la série sur l'ordinateur, je découvris des images nettes avec une belle lumière faisant ressortir le pelage roux de l'écureuil. Sur l'une d'elles, on aperçoit même la langue de l'animal !

J'aime cette image car elle symbolise bien les cadeaux que la Nature peut parfois offrir à ceux qui s'attardent pour la contempler.

Naturapics : Merci beaucoup Olivier pour ces quelques lignes. Un dernier petit mot ?

Olivier : Bonne balade nature !

Lien web : http://www.baladenature.com/
Copyright photographique : Olivier Simon




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