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Photographier au Parc Ornithologique du Teich
Publié le 10/03/2009 par Sébastien Beghelli



Bonjour Claude. Pour commencer cette interview, peux-tu nous faire un rapide historique du parc ?

Le Parc a été ouvert au public fin 1972. Il a été créé à l’initiative d’ornithologues locaux (Pierre Davant, Pierre Petit, Alain Fleury et Claude Quancard) qui avaient fait le constat que le bassin d’Arcachon possédait une très importante capacité d’accueil pour les oiseaux sauvages, cependant réduite à néant par le fait qu’il n’existait alors pas de réserve « terrestre » sur les rives de la baie. Ils ont monté un projet à l’exemple de celui du Zwin en Belgique, et ont convaincu le Maire du Teich de le mettre en place. Contre vents et marées, ce dernier a porté ce programme qui répondait aussi à deux problématiques locales: d’une part créer un intérêt touristique sur une commune qui n’en avait aucun, d’autre part permettre à la collectivité de maîtriser enfin son littoral. Les terrains de l’actuelle réserve ont été échangés contre de la forêt communale, ce qui intéressait l’ancien propriétaire qui était une importante compagnie forestière. Dans un premier temps, le site a réellement fonctionné comme un « Parc », avec une partie de l’espace consacrée à des collections d’oiseaux en captivité, cela est même devenu un « zoo ornithologique » suite à l’acquisition d’oiseaux exotiques, un travers personnel de l’ancien Maire qui a définitivement remis en question la participation des acteurs initiaux, qui n’ont pas voulu avaler cette nouvelle couleuvre…

À partir de 1989, une nouvelle équipe municipale s’est mise en place, après quelques errements elle a accepté que progressivement le site se sépare des oiseaux captifs (et de leurs contraintes financières : nourriture, temps d’entretien, coût de renouvellement,…), et depuis 1995, le « Parc » du Teich est devenu une réserve ornithologique où tous les oiseaux qui vivent là sont absolument sauvages et libres de leurs mouvements.
Alain Fleury, l’un des pères fondateurs, a été aussi beaucoup plus que cela, puisque c’est lui qui a géré et aménagé le site pour le compte de la commune de 1971 à 2006 ! Ornithologue de terrain hors pair, il a par ses observations, révélé l’importance internationale de cette réserve sur le plan de la conservation.

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Depuis sa création, ce site a accueilli plus de 2 millions de visiteurs (moyenne actuelle à environ 70000/an) et l’intérêt qu’il a suscité auprès des médias a souvent propulsé le village du Teich au devant de la scène médiatique, pour le plus grand bonheur des élus locaux…

Fin 2006, une nouvelle organisation plus collégiale s’est mise en place. La commune du Teich est toujours le propriétaire des lieux et en perçoit le prix des entrées, mais elle a passé une convention avec le Parc Naturel régional des Landes de Gascogne qui assure la maîtrise de la gestion du site. Sur place, les employés communaux ou du PNR travaillent sous une même tutelle.

Le statut actuel de la réserve est simplement celui d’une propriété communale, ni plus ni moins… Et même elle a été identifiée dans différentes listes de sites à vocation conservatoire (ZICO, Natura 2000, …), rien ne garantit la pérennisation de sa gestion actuelle… Enfin, le terme de « parc » est depuis des années vécu par l’équipe comme un handicap de communication, car cet espace naturel n’a strictement rien à voir avec un parc animalier. Du fait de cette appellation, certains visiteurs sont déçus par la difficulté de devoir observer des oiseaux sauvages, d’autres qui ne connaissent pas le site ne viennent pas par crainte de découvrir un simili zoo à piafs !
C’est pour cela que nous parlons de « réserve ornithologique » un concept totalement en phase avec la réalité du terrain. Je pense que bientôt, ce terme devrait être enfin adopté par tous…

Au-delà d’un espace de vie pour des milliers d’oiseaux, l’aspect protection et sauvegarde est important. Quelles ont été et quelles seront les principales missions du parc ?

En 2006, toute l’équipe a travaillé en commun à la rédaction d’un document d’orientation pour les 10 années à venir. Nous avons fait le constat que le Teich était avant tout un site touristique consacré à la découverte et à l’observation des oiseaux sauvages (et cette affirmation s’est révélée de l’ordre d’une véritable révolution culturelle !). Cependant, le « segment » de clientèle concerné est tellement spécialisé et exigeant, qu’il impose une gestion écologique extrêmement rigoureuse, où la maîtrise d’un maximum de paramètres favorisant la présence des oiseaux est incontournable…
Nous devons donc accueillir au mieux, le plus grand nombre et la plus grande diversité d’oiseaux pour les proposer à nos « clients » dans les meilleures conditions qui soient, car seul le succès de l’accueil d’un nombre conséquent de visiteurs nous donne la légitimité et les moyens matériels et politiques pour continuer à gérer ce site dans un esprit conservatoire…

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Dans un secteur particulièrement propice aux haltes migratrices, le Teich reçoit la visite de nombreuses espèces chaque année. As-tu remarqué des évolutions majeures quant à ces migrations : rareté de certaines espèces, diminution des colonies, arrivées de nouveaux oiseaux… ?

La réserve du Teich est incluse dans une unité écologique minimale représentée par le bassin d’Arcachon, les oiseaux sont donc extrêmement dépendants des évolutions de cet écosystème, mais ils le sont aussi à une bien plus grande échelle, qui dépasse pour certains les limites du Paléarctique Occidental…

Les évolutions des populations d’oiseaux qui nous fréquentent sont donc soit locales, soit globales, et des évolutions, il y en a eu un paquet depuis 37 ans !
D’une manière générale, tout est à la baisse depuis une vingtaine d’années, c’est particulièrement vrai pour les Anatidés, les Hérons et les petits limicoles. Cependant, certaines espèces voient leurs effectifs s’accroître depuis quelque temps, comme la Spatule blanche (escale migratoire et hivernage), la Barge à queue noire et l’Avocette (hivernage), le Milan noir (nidification), mais ce sont des exceptions qui confirment la règle… Dans certains cas, l’augmentation de certains peut participer à la régression d’autres, comme c’est le cas pour les rapaces en hiver (Busard des roseaux, Epervier d’Europe, Autour des Palombes, Faucon pèlerin, Buse variable) que l’on observe très régulièrement maintenant alors qu’ils étaient presque occasionnels par le passé. Leur présence et leur comportement contribuent à déstabiliser l’hivernage des petits limicoles (Bécasseau variable, Grand Gravelot) sur un site qui est devenu moins sécurisé pour eux. Mais il faut dire toutefois que la régression de ces derniers était déjà entamée avant le « retour » des rapaces… Chaque espèce, voire chaque population (cas de la Barge à queue noire) est donc un cas à part, et il n’est pas aisé de répondre de manière globale.
Ces variations peuvent aussi être la conséquence des évolutions des paysages et de la gestion dans le site, en presque 40 ans, les secteurs boisés (favorisés ou plantés) se sont largement étendus, et ce au détriment des espaces plus ouverts et de leur cortège d’oiseaux. La gestion à venir devra prendre en compte ces paramètres pour conserver au mieux les oiseaux des milieux lagunaires.

Enfin, le Teich n’échappe pas non plus aux changements climatiques… Le suivi très précis des oiseaux depuis plusieurs décennies nous permet de mesurer l’accélération très inquiétante de ce phénomène et de ses conséquences sur la structure de l’avifaune de la région.

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Comme d’autres parcs français, le Teich est un paradis pour ornithologues et photographes. Combien d’espèces peuvent être observées sur une année ? Aussi, avez-vous certains oiseaux « vedettes » qui ont la particularité d’attirer plus que d’autres l’attention des visiteurs ?

Si je consulte notre base de données (en ligne et accessible à tous : www.faune-aquitaine.org), nous avons observé 220 espèces en 2008, ce qui est une « petite » année, car en moyenne nous tournons aux alentours de 250. Depuis 1972, 310 espèces ont été constatées sur le site (la dernière l’ayant été en janvier 2009 : le Goéland de Kumlien).
La notion d’espèce « vedette » varie suivant la qualité de ceux qui les observent. Pour les ornithos, les trois soirées avec des chants de Marouette de Baillon auront plus d’importance que les parades de Gorgebleue qui attirent la plupart des photographes. Pour le grand public, les Cigognes qui claquent du bec sur les nids seront un must qui ne fera même plus tourner la tête aux deux précédents groupes de visiteurs…
D’une manière générale, la réserve du Teich a une excellente réputation pour la diversité qu’elle accueille, et surtout pour la proximité avec laquelle on peut observer les oiseaux. Il est par exemple courant sur un matin de printemps de mettre dans ses jumelles (ou dans son 300mm) plusieurs mâles de Gorgebleue, puis le Bihoreau gris, le Pic épeiche, la Sarcelle d’été, le Busard des roseaux, le Milan noir et la Spatule blanche, en passant par le Cisticole des joncs et le Rossignol philomèle…
La migration postnuptiale des limicoles est aussi une grande période, et la diversité « accessible » est à cette période d’un niveau qui nous met en concurrence avec les meilleurs spots européens.

On voit, sur Internet, de plus en plus de récits de visites de photographes, généralement ravis de leur séjour nature. Comment est vue par l’équipe du parc cet engouement grandissant des chasseurs d’images ? Est-ce finalement une grande part de votre public ? Parallèlement, je suppose que ces récits imagés qui poussent sur le web sont une bonne « publicité » et une bonne marque de qualité ?

Depuis « l’explosion » du numérique, nous assistons à une augmentation parallèle de la fréquentation des photographes. Le faible coût des images associé à la multiplication des facteurs de grossissements des optiques (taille des capteurs) et à l’augmentation des sensibilités utilisables, ont à mon avis généré cette évolution. Quand je me souviens de l’époque où je trimballais mon 400 mm Novoflex ouvrant à 5,6, et que mon vieux Pentax était chargé de Kodachrome 25, je me dis qu’il est quand même plus aisé aujourd’hui de mettre les piafs en boite!

Il nous est encore difficile d’évaluer précisément le nombre de photographes qui passent dans nos observatoires, mais certains jours de hors saison ils représentent sans doute plus de la moitié de la fréquentation !

Dire qu’ils sont les bienvenus est une évidence ! Et la plupart des « Teichnographes » sont devenus des potes pour toute l’équipe de la réserve. Dès qu’un « nouveau » débarque, nous nous efforçons de lui filer les bons tuyaux du moment pour qu’il puisse remplir ses cartes au mieux.
Il est bien évident que je jubile à la consultation des différents forums, sur lesquels je retrouve les images des aménagements que nous avons positionnés devant les observatoires pour que les oiseaux les utilisent… On disait autrefois que la meilleure communication pour un site comme le nôtre était le « bouche-à-oreille », maintenant avec le web on assiste avec plaisir à l’explosion de celle de « l’œil-à-l’œil »… Pour ma part, je passe beaucoup de temps à lire les commentaires afin de détecter les points que nous pourrions encore améliorer, sans toutefois me faire d’illusions, nous n’arriverons jamais à satisfaire pleinement tout le monde…

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Quelles sont les possibilités photographiques ? J’entends par là, le Teich propose t-il des « affûts », des positions photographiques stratégiques ? Plus globalement, la proximité entre hommes et oiseaux (au-delà de la limite déontologique) permet-elle de bons clichés ?

Le sentier de visite de 6 Kms est ponctué de 20 observatoires couverts, dont 11 se révèlent particulièrement pertinents pour les photographes. Ces constructions permettent de mettre en situation de proximité les oiseaux et le public, ils sont conçus pour une utilisation partagée par tous les visiteurs. Cependant, dans les plus favorables à la photo, nous avons installé des « lens-boxes », une ouverture spécifique qui permet à un photographe de disposer d’un angle de prise de vue moins plongeant, qu’il sera le seul à pouvoir exploiter (le siège pliant est alors conseillé…).
Tous les observatoires ne sont pas intéressants en simultané, sauf parfois pour les ornithos équipés d’une longue-vue. Leur positionnement correspond à des intérêts qui peuvent se révéler saisonniers ou horaires (nombre d’espèces fonctionnent suivant le rythme des marées entre le mois d’août et début juin).
Il y a plus de 10 ans, j’avais imaginé la création d’affûts payants spécifiques pour les photographes, installés dans des endroits accessibles par eux seuls. Cette idée a fait lentement son chemin et devait être effective cette année, mais les conséquences de la tempête Klaus ont remis l’application de ce projet à plus tard, peut-être vers la fin de l’hiver 2009 pour la première de ces installations…

Cette idée doit répondre à plusieurs problèmes. D’une part générer des recettes supplémentaires pour la commune, car seule une bonne santé financière assurera l’avenir à long terme de ce site dans sa conception actuelle, sur ce point crucial, nous n’avons pas d’autre choix que la réussite ! D’autre part satisfaire une partie des photographes qui désirent être tranquilles sur des secteurs très « rentables » en images, et aussi réduire la « pression » sur les observatoires classiques. En effet, nous découvrons que la masse des photographes peut parfois poser des problèmes de cohabitation avec les autres visiteurs. Certains jours quelques observatoires deviennent presque inaccessibles au reste du public tant ils sont squattés par les photographes qui occupent toutes les fenêtres d’ouverture et bouchent les passages avec leurs LowePro empilés au sol ! Qu’un piaf se pointe et c’est une explosion de rafales qui fait alors sauter au plafond de surprise l’ornitho qui avait réussi à glisser ses jumelles entre les tromblons !

D’un point de vue technique : je suis nouveau visiteur, photographe, et désire faire une journée d’observations et d’images. Quel matériel dois-je préférer ? Dois-je préférer une « billebaude aléatoire » (marcher sur le circuit et s’arrêter fréquemment) ou des arrêts plus longs à des lieux précis dans l’attente d’oiseaux ?

Les jumelles sont INDISPENSABLES pour visiter ce type d’espace naturel, sans elles, le visiteur sera dans la situation d’un pêcheur qui ne met jamais d’hameçon au bout de sa ligne, il n’est pas prêt à sortir un poisson de l’eau ! La longue-vue révèlera une couche supplémentaire d’observations potentielles, elle permettra de rentrer dans l’intimité des comportements. À mon avis, les digiscopeurs peuvent toucher ici au paradis !

Pour la photo, la plateforme minimale est de disposer d’une focale théorique se situant entre 420 et 550 mm, soit un 300mm sur un petit capteur ou un 500 sur un full frame, les converters sont les bienvenus pour plein de situations
L’utilisation du trépied ou du monopode dépend du poids du caillou et de l’utilisation que l’on en fait sur le moment, ils sont indispensables pour pister les Gorgebleue au bord des chemins, mais dans les affûts, la plupart des habitués appuient leur caillou (sans le pare soleil quand la lumière est dans le dos) sur le rebord des fenêtres avec ou sans bean bag. Sur ce dernier point, l’équipe est très attentive à ce que les objectifs ne dépassent pas des ouvertures comme on le constate encore trop souvent. Il y a eu de sérieuses engueulades sur ce sujet avec des « photographes » récalcitrants, et cela continuera, y compris si nous devons aller jusqu’à virer les personnes en question ! Un tromblon qui dépasse de 30 cm et qui balaie le ciel dans tous les sens, c’est un facteur d’inquiétude pour tous les piafs qui sont dans un rayon de 30 m, et donc un élément de dérangement majeur qui sclérose un secteur où le « grand public » pourrait espérer observer quelques oiseaux proches. Sur ce point, je ne suis plus prêt à entendre les arguments et les « compétences » des personnes en cause, j’estime avoir une expérience suffisante pour être définitivement intransigeant…

Pour ce qui est de la stratégie de visite, tout est à envisager ! L’idéal est de se renseigner avant sur les forums auprès des « Teichnographes », qui tous font preuve d’un réel désir de partage. Il faut aussi consulter la base de donnée en ligne (www.faune-aquitaine.org) à laquelle nous participons, où toutes nos observations sont accessibles durant une semaine, et très précisément situées dans le site (19 « lieux-dits » différents couvrent la réserve). Sur place on peut aussi contacter Erick ou moi-même pour les bons coups du jour. De toute façon, deux éléments seront toujours un complément au succès d’une balade photographique ou ornitho : la chance (ça en général, on n’y peut pas grand-chose, comme on dit à Bordeaux on est « chounard » ou pas…), et la patience (là chacun y peut beaucoup, mais nombre semblent l’avoir oublié)…Ce site cultive un paradoxe pour les photographes de nature, en effet ici, l’absence de connaissances sur la vie des oiseaux convoités n’influence que très peu la capacité de certains à réaliser d’excellentes images, et des béotiens maîtrisant bien leurs appareils s’en sortent remarquablement bien ! Mais passé la limite de la réserve, tout redevient normal, heureusement…

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La lumière est un élément primordial dans une composition photographique. Si le sud-ouest ne manque pas de soleil, conseilles-tu des moments particuliers de la journée pour des prises de vues au Teich ? Aussi, y trouve-t-on une diversité dans les paysages permettant différentes opportunités photographiques ?

Là, ta question fait mal, et j’entends d’ici mes potes « Teichnographes » qui rebondissent en couinant devant l’écran de leur PC…
Les horaires d’ouverture du site ne sont pas toujours au top pour les images, j’en conviens bien volontiers… La réserve ouvre 365 jours/an à 10h, ce qui est souvent tard, elle ferme suivant les saisons entre 18h et 20h, ce qui est parfois tôt… La mise en place d’une plage d’ouverture plus large est difficile, car la législation de ce type d’installation publique impose la présence permanente du personnel, nous devons déjà assurer plus de 2600 heures d’accueil dans l’année, et je ne vois pas comment on pourrait faire plus !
Il y a 15 ans, nous avons testé la fermeture estivale à 22h, nous avons arrêté cette expérience au bout de deux années, faute de visiteurs…
N’ouvrir qu’à 10h nous permet aussi de mener avant cet horaire des opérations de gestion perturbantes pour le public, de passer avec des véhicules de service sur des chemins où se serait dangereux ou désagréable en présence des visiteurs.
Cependant pour répondre à ce qui reste à mon avis l’un des handicaps majeurs du site pour les photographes, deux solutions annexes seront mises en application dans les mois qui viennent. D’une part, ceux qui loueront un affût photo pourront l’utiliser du lever du jour au coucher du soleil (avec visite du site la veille, signature d’un contrat et remise des clés). D’autre part, les abonnés bénéficieront d’un calendrier annuel avec des ouvertures précoces (sans doute 7h) et des fermetures tardives (à la nuit) au rythme de deux fois par trimestre dans un premier temps. Malheureusement, à ces dates-là, on ne garantira pas le beau temps…
Cela dit, il suffit de regarder les images qui sortent sur les forums pour s’apercevoir que souvent la lumière est plus qu’acceptable aux horaires actuels…

Pour ce qui est de la diversité des paysages, je pense que le site est plutôt fourni, le sentier traverse des milieux forestiers, puis lacustres, puis lagunaires… La qualité « paysagère » du site est en train de monter depuis deux ans dans les sondages de satisfaction que nous menons auprès des visiteurs, et nous travaillons beaucoup sur les paysages et leur vision, qui aident à compenser les jours ou les heures où le public n’a pas grand chose à se mettre dans les jumelles…

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Pour finir ce petit tour d’horizon, pourrais-tu nous raconter une anecdote nature qui aurait marqué l’équipe et l’histoire du parc ?

Sans doute pourrais-je raconter des centaines…mais il faut bien choisir !
En septembre 2008, un groupe de Spatules en migration s’arrête dans la « vasière Spatule », la bien nommée… Ces oiseaux partis de Hollande s’agglomèrent au groupe d’estivantes, et au bout de quelques jours nous pensons qu’elles vont hiverner ici. Dans cette troupe, je remarque un oiseau porteur d’une antenne émettrice. Après consultation des chercheurs Bataves avec qui nous collaborons depuis des décennies, il s’avère que « Kees » (c’est son petit nom) est porteur d’une balise Argos qui émet sa position 5 fois/ 24h. Un système très performant en lien avec Google Earth nous aide à suivre les déplacements de l’oiseau au mètre près durant quelques semaines, ce qui nous permet entre autres de découvrir des sites d’alimentation nocturne que nous ne connaissions pas. Le 18 octobre à 14h11, l’oiseau se met en mouvement vers le Sud, nous pensons tous que Kees poursuit son voyage jusqu’en Mauritanie où la plupart de ses congénères élisent domicile en hiver. Notre Spatule passe les Pyrénées au niveau des cols Basques, puis bifurque vers l’Est pour passer Vittoria et filer encore plus au Sud. A 18h 04, elle tourne brusquement à l’Ouest, passe plus tard au-dessus de Bilbao, puis continue en remontant la côte vers San-Sébastian. Toujours sans s’être posée une seconde, elle traverse à nouveau les Pyrénées et file au Nord jusqu’à retrouver la « Vasière Spatule » au petit matin, où nous la découvrons profondément endormie, et d’où la balise envoie un signal stable! Quel a été le but de cette escapade de 680 Km non-stop ? Nous n’en saurons sans doute jamais rien, mais c’est ce genre d’événement qui nous éclate et nous fait dire que comme pour les photographes, les Spatules qui ont goûté au Teich y reviennent toujours…

Renseignements et informations pratiques sur www.parc-ornithologique-du-teich.com/

Merci à Alain Costes pour ses photographies toutes réalisées dans l'enceinte du Teich - Retrouvez son site http://alfarola.canalblog.com/



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