Appel au boycott du magazine Terre sauvage !
Plusieurs photographes viennent de lancer un appel au boycott du fameux magazine d'images et de reportages nature. La raison ? Les clauses du concours "Nature Images Awards", qui bafouent les droits sur les images et vidéos
nominées dans leurs concours. Une honte, que Naturapics.com dénonce à son tour. Suivez l'évolution de l'affaire.
Publié le 16/05/2011 par Sébastien Beghelli
Terre Sauvage refuse le dialogue, notamment sur Facebook, en supprimant tous les commentaires des photographes qui dénoncent les clauses du concours Nature Images Award. Un acte démontrant l'état d'esprit cadenassé et l'attitude reprochable du journal.
ACTUALISATION - 13 mai 2011
Nouvelle réponse du rédacteur en chef, qui ne souhaite pas faire avancer la situation et se pose en victime.
Bonjour,
Parmi les inexactitudes et les incohérences –assez nombreuses- que recèle votre message, il en est une qui me flatte beaucoup : en affirmant que j’aurais « rompu toute négociation », vous me prêtez des pouvoirs que je n’ai pas ! Comment peut-on « rompre » ce qui n’a jamais existé ?
Que faut-il, en règle générale, pour qu’une négociation se noue ?
-la présence de deux (au moins) interlocuteurs identifiés, légitimes, représentatifs et habilités à conclure ;
-une capacité d’écoute et de proposition ;
-une volonté partagée de trouver une issue convenable à une situation de désaccord, ou au moins d’essayer.
Il est clair qu’à ce jour, aucune de ces conditions n’est remplie :
-s’il y a bien d’un côté un interlocuteur repéré (BNT) et des représentants qui s’expriment à visage découvert, il y a de l’autre « un » nébuleux « collectif » autoproclamé, à la représentativité discutable, dont l’identité, le nombre et la qualité des membres qui le composent n’est connue que d’eux-mêmes, et en tout cas ni des interlocuteurs avec lesquels il prétend « négocier », ni même des photographes dont il prétend « canaliser » le propos. La négociation requiert la confiance et la transparence, celles-ci ne s’accommodent ni de la clandestinité, ni de l’anonymat !
-Pour tenter de comprendre les raisons de votre irritation, je vous ai demandé dans mon précédent message un certain nombre de précisions, d’explications, auxquelles je ne trouve aucune piste de réponse dans votre mail. Comment avancer dans ces conditions ? Nous essayons d’être à l’écoute de vos préoccupations, il est clair que la réciproque n’est pas vérifiée…
-Nous avons dit notre disponibilité pour préciser les usages qui seront faits des images par les différents protagonistes du concours, via une Foire aux questions. Cette proposition ne semble pas vous convenir, mais vous n’en formulez aucune autre. A l’inverse, vous restez bloqués sur une position clairement inacceptable, prétendant dicter par l’intimidation et la contrainte votre propre loi quelles que soient par ailleurs les dispositions légales. Convenez que votre volonté de trouver une issue puisse être légitimement questionnée !
Au terme de ce constat, deux options sont ouvertes :
-poursuivre indéfiniment cet affrontement stérile qui ne sert les intérêts de personne ;
-saisir enfin les opportunités de rapprocher des points de vue divergents, et renouer la confiance dans une perspective constructive.
Ce choix vous appartient. Pour notre part, notre disponibilité reste totale.
Bien à vous
JJF
ACTUALISATION - 8 mai 2011
La GDT se retire des partenaires du concours Nature Images Award !
Première "victoire" pour les photographes contestataires : l'association allemande a annoncé, par l'intermédiaire de son président, Martin Eisenhawer, que la "GDT se retire complètement du concours Nature Images Award, car les règles pour les droits d'auteurs de seront pas changées". Effectivement, après plusieurs mails échangés entre la rédaction de Terre Sauvage et les représentants des photographes, l'entêtement de la direction à ne pas modifier les points du règlement bafouant les droits des photographes commence à agacer.
Naturapics est partie intégrante du collectif representatif mais surtout une de ses voies de communication. Nous continuerons donc notre démarche contre les clauses abusives rédigées par Terre Sauvage et vous informerons de l'evolution du dialogue.
ACTUALISATION - 2 mai 2011
Pour le rédacteur en chef de Terre Sauvage, aucun problème dans le règlement du concours !
Depuis plusieurs semaines, le magazine Terre sauvage est victime d’une campagne de dénigrement orchestrée par quelques photographes et diffusée sur plusieurs blogs et forums, parmi lesquels un forum exploité par l’éditeur d’un magazine concurrent.
Cette campagne diffamatoire vise particulièrement le concours Nature Images Awards, organisé par Terre sauvage et l’UICN (Union internationale pour la conservation de la nature) avec plusieurs partenaires, tous légitimes dans l’action au service de la nature et de sa protection.
Nature Images Awards a pour objectif de permettre à chacun d’exprimer, par l’image, que la nature est source d'émerveillement, de dépassement de soi, de multiples activités intergénérationnelles, qu'elle participe à la réparation de l'homme blessé comme à son ressourcement et qu'elle appelle chacun à plus de responsabilité dans sa manière d'habiter la Terre.
Le règlement de ce concours est conforme aux dispositions du Code français de la propriété intellectuelle, et veille à la fois à protéger les droits des auteurs et à assurer aux sujets présentés la diffusion qu’ils méritent. Terre sauvage organise depuis 7 ans un concours de photos de nature, dont le règlement était jusqu’ici beaucoup plus exigeant pour les candidats que le règlement nouveau, et qui n’a suscité aucune protestation de la part des candidats. Ce règlement nouveau est en outre conforme aux pratiques des autres concours nationaux ou internationaux comparables, voire beaucoup plus protecteur des droits des candidats. Pour répondre aux inquiétudes exprimées par certains photographes, ce règlement a été précisé pour que ne subsiste aucune ambiguïté sur l’usage des images, notamment par les partenaires du concours.
Terre sauvage déplore l’acharnement manifesté par les auteurs de cette campagne.
Je reste naturellement à la disposition de ceux qui souhaiteraient poursuivre cet échange. Vous pouvez par ailleurs trouver toutes les informations sur Nature Images Awards sur le site de l’opération : http://www.natureimagesawards.com/
ACTUALISATION - 28 avril 2011
Un collectif représentant les photographes mécontents envoie une lettre à plusieurs organisations.
Bonjour,
Suite à la réaction de nombreux photographes de nature face aux clauses abusives du règlement du concours Nature Images Awards organisé par le magazine Terre Sauvage, et face aux changements effectués qui ne vont pas dans le sens de ce que demandaient les photographes, un collectif a été formé.
Ce collectif a désiré apporter une réponse commune à la direction de Terre Sauvage, ainsi qu'à l'ensemble des partenaires du concours.
Vous trouverez le contenu de nos revendications en pièces jointes au format PDF, en français et en anglais, ainsi que la liste des nombreux photographes de nature, professionnels et amateurs, se joignant à ces réclamations.
Nous attendons un juste retour des choses, à savoir des clauses n'autorisant pas d'autre usage des photographies que le strict cadre du concours, son support et sa promotion, chez Terre Sauvage et chez ses partenaires, comme il est d'usage dans les plus grands concours actuels.
Bien cordialement,
Les représentants des photographes de nature
Télécharger la revendication des photographes
ACTUALISATION - 20 avril 2011
L'équipe de Terre Sauvage change le réglement pour un rendu... bien pire !
En cause, toujours, l'article 7, qui ne modifie en rien l'utilisation abusive des photos dans un cadre hors-concours. Suite au prochain numéro.
ACTUALISATION - 18 avril 2011
Le responsable photo répond au boycott (reprise d'un des commentaires sur Naturapics.com) :
Bonjour,
J’étais en reportage photo la semaine dernière, je rentre ce matin et je découvre ces conversations sur les forums. Je suis surpris par la portée de ces discussions. Comme vous le savez, je suis moi-même photographe professionnel depuis pas mal d’années, et responsable photo de Terre sauvage depuis 8 ans. Je n’ai pas le sentiment qu’en élaborant ce règlement, nous sommes allés contre le droit des photographes. Ces règles-là sont conformes à celles des autres concours français ou internationaux. De plus, Terre sauvage organise un concours depuis 7 ans, et les règles étaient jusqu’ici beaucoup plus exigeantes pour les photographes. Or personne ne nous signalé de problème ! Il y a quand même, peut-être, des clauses mal rédigées dans le règlement, comme Jean-Jacques l’a déjà dit. Je vais insister pour qu’on les reformule. Exemple : les droits pour les partenaires doivent être plus limités. Je voudrais quand même insister sur le niveau de dotation du concours, nous avons voulu faire bénéficier les photographes de primes et de moyens non négligeables pour produire des images. J’espère que nous allons pouvoir très vite dépasser ces incompréhensions. On est à votre disposition pour y travailler.
Confraternellement
Erik Sampers
responsable photo Terre Sauvage
ACTUALISATION - 15 avril 2011
Le rédacteur en chef répond au boycott (reprise d'un des commentaires sur Naturapics.com) :
Bonjour,
Alerté par quelques amis, je découvre avec une pointe d’effarement les propos qui sont déversés ici, sur le Concours Nature Images Awards organisé, entre autres, par Terre sauvage, dont je suis le rédacteur en chef.
La virulence de votre texte, et surtout l’ampleur des inexactitudes et des omissions qu’il contient, me conduisent à vous apporter quelques précisions utiles à la sérénité du débat et à la libre détermination de chacun.
1- Le concours Terre sauvage existe depuis 7 ans. Il semble que ses clauses aient suscité parmi vous quelques griefs (c’est du moins ce qu’indique votre texte). Quel dommage que personne ne nous en ait jamais informé ! Parmi les milliers de photographes qui, depuis 2004, nous ont soumis leurs images, pas un seul ne s’est plaint du traitement qui leur était infligé.
A la faveur de cette « nouvelle formule » du concours, nous en avons réécrit le règlement, dans un sens infiniment plus restrictif, et protecteur des droits des photographes. Alors que précédemment, en effet, le fait de soumettre une image impliquait une cession de droits pour tous les magazines du groupe, dans le nouveau règlement, cette cession ne concerne plus que Terre sauvage, et ne porte que sur les photos nominées. La norme des concours internationaux de même nature, c’est la cession des droits pour toutes les images soumises. Il est donc très étonnant que ce qui n’avait posé de problème à personne jusqu’ici en pose maintenant, alors que nous avons strictement limité les usages. De plus, jusqu’ici nous avons utilisé les images reçues avec beaucoup de mesure, et nous ne les avons pas proposées aux titres du groupe comme nous aurions pu le faire ! Ce que vous écrivez sur ce point n’a donc qu’un rapport très lointain avec la réalité.
2- Le calcul auquel vous vous livrez sur le nombre d’images sur lequel nous pourrions détenir des droits est tout à fait intéressant, nous n’avions même pas songé à l’effectuer nous-mêmes. En effet, qui peut penser un seul instant que nous fondons notre politique éditoriale sur le résultat d’un concours, par nature très aléatoire ? De même que nous avons utilisé avec mesure les images des années précédentes, nous utiliserons avec mesure les images de cette édition et des suivantes, uniquement pour porter les sujets et les thématiques liées aux axes et aux catégories des Nature Images Awards.
3- Le fait que l’inscription au concours soit payante vous apparaît comme une circonstance aggravante. Là encore, les concours internationaux de même nature sont payants, et cela ne semble pas vous choquer ? Une précision : précédemment notre concours était gratuit, mais nous exigions l’envoi de tirages. Nous avons calculé le coût des tirages, celui de l’envoi, etc, et nous avons déduit un coût moyen de 15 €. C’est le prix que nous avons fixé. Là encore, donc, rien de très nouveau…
4- Outre les prix affectés aux lauréats, les Nature Images Awards prévoient l’octroi de plusieurs bourses visant à financer la production de sujets futurs. C’est à nos yeux une caractéristique essentielle de l’opération. Dommage que vous n’en fassiez pas mention. Vous avez sans doute raison, au fond : il serait dommage qu’un détail aussi trivial vienne ternir la pureté de votre vibrante indignation !
5- Vous évoquez les partenaires du concours. Sur ce point, j’admets que la formulation du règlement peut prêter à confusion. Clarifions donc les choses : les partenaires attachés à une catégorie (Natureparif pour « Espèces en ville », l’UICN pour « Peuples et territoires ») auront accès aux images nominées dans cette catégorie. L’éditeur partenaire de l’opération aura seulement la possibilité d’éditer le livre-palmarès annuel. Il n’est pas prévu d’accès aux images pour d’autres productions. Cela nous paraissait aller sans dire, mais cela va sans doute mieux en le disant, et nous pourrons apporter cette précision dans le règlement !
6- Concernant les droits multimédias, nous avons là encore reproduit les clauses usuelles dans les manifestations de ce type, nationales ou internationales, et simplement précisé les dispositions existantes dans la version précédente de notre concours.
Une remarque de détail : parmi les signataires de votre libelle, plusieurs sont des collaborateurs de Terre sauvage, qui ont à ce titre mon numéro de portable ou celui du responsable photo, Erik Sampers. Il est regrettable qu’aucun d’entre eux n’ait eu l’idée de nous appeler pour nous demander ces éclaircissements qui paraissent nécessaires. Comme l’observait Pierre Desproges, c’est fou comme les gens courageux peuvent être distraits, parfois…
Un mot pour conclure : à ce jour, la fréquentation du site Nature Images Awards excède toutes nos prévisions les plus optimistes. Les connexions enregistrées provenaient, 8 jours après le lancement, de 88 pays. J’espère très sincèrement que nous pourrons aplanir les incompréhensions que vous relayez, et que chacun pourra, en conscience, faire le choix de rejoindre ou non cette aventure !
La lettre suivante est à diffuser autant que possible :
Chers amis, collègues photographes,
Alors que Terre Sauvage nous avait habitué aux clauses pour le moins abusives de son concours photo amateur, et sans doute encouragé par des réactions de mécontentement finalement insuffisantes de notre part, le magazine remet le couvert et organise cette fois une nouvelle mouture de son concours photo, incluant désormais des catégories "Reportages" sous forme de séries d'images allant de 6 à 12 photos, en plus des catégories "classiques" à photo unique.
Non content de "préserver" la liberté d'usage des photos nominées au groupe de presse Bayard, les clauses s'ouvrent plus encore cette année, puisque c'est l'ensemble des partenaires au concours (parmi lesquels l'UICN, le GDT, l'association Natureparif, mais aussi l'ONF ou encore l'éditeur Delachaux et Niestlé !) qui pourra bénéficier gracieusement des droits sur les images et vidéos nominées dans le concours !
Ainsi, pour chaque catégorie, 30 séries seront nominées... Mais seulement 3 primées! Étant donné que les participants s'engagent à céder leurs droits pour toute série nominée, un petit calcul nous donne le nombre de photos accaparées par le concours :
Catégorie reportage : 5 catégories, 30 nominés, seulement 3 primés par catégorie et 27 pigeonnés par catégorie, soit le modique total de 1200 à 1500 photos pour l'ensemble des reportages !!!
Catégories photo individuelles : 90 photos concernées
Parmi des clauses habituelles et connues du magazine (ce qui lui permettra de "monter" des articles entièrement illustrés sans coût supplémentaire grâce aux séries "Reportages"), Terre Sauvage rajoute cette fois
l'utilisation possible des photos pour l'ensemble des usages multimédias connus à ce jour : télévision, web, supports multimédias de tous types, et surtout tablettes graphiques et autres supports numériques modernes (iPad, iPhone, Smartphones...) et ce, pour l'ensemble des partenaires au concours !
Il ne fait aucun doute que l'organisation de ce genre d'événement vise clairement à alimenter à faible coût la photothèque du groupe Bayard Nature, en s'appropriant les images des participants à bon compte, une fois de plus au mépris des photographes et de leur profession.
Comble de l'ironie : la participation au concours est payante !
C'est pourquoi nous demandons la suppression pure et simple de ces clauses abusives et inadmissibles, et ce sans négociation possible. Dans l'attente de cette suppression, nous appelons dès à présent au boycott du magazine Terre Sauvage, et à relayer ce boycott sur les réseaux sociaux, blogs et forums consacrés à nos passions communes !
Le règlement complet du concours :
http://www.natureimagesawards.com/le-reglement et notamment les points 7.1 et 7.2 du règlement.
Détail du calcul déterminant le nombre d'images que s'appropriera à minima le groupe Bayard Nature :
Catégorie A: 10 à 12 photos par sujet soit 300 à 360 photos obtenues !
Catégorie B: 10 à 12 photos par sujet soit 300 à 360 photos obtenues !
Catégorie C : 6 à 8 photos par sujet soit 180 à 240 photos obtenues !
Catégorie D : 6 à 8 photos par sujet soit 180 à 240 photos obtenues !
Catégorie E : 8 à 10 photos par sujet soit 240 à 300 photos obtenues !
Catégories F à H : 1 photo par catégorie, 30 nominés, 3 primés, soit 90 photos.
Catéogie I : 1 vidéo de 3 minutes, 30 nominés, 3 primés soit jusqu'à 90 minutes de vidéo gratuites pour le groupe de presse !
Catégories photo classiques : 3 catégories, 30 nominés, seulement 3 primés par catégorie et 27 pigeonnés par catégorie !
A propos de l'auteur
Sébastien Beghelli
Créateur de Naturapics en mai 2007. Webmaster de formation, il a su fédérer de nombreux contacts autour de l'idée d'une communauté sur la photographie nature. A la fois reponsable technique et relationnel, il dirige la rédaction du site et assure les liens avec les différents partenaires.
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